lundi 2 mars 2015

Neurocomix, de Matteo Farinella et Hana Ros


 Alors qu'il s'apprêtait à engager une conversation avec une charmante demoiselle, le personnage principal se retrouve propulsé dans une drôle de forêt... demandant son chemin à un passant qui s'avérera être Santiago Ramon y Cajal (prix Nobel de médecine, considéré comme le père des neurosciences), il apprend qu'il est en fait dans un cerveau : les arbres ne sont pas des arbres mais des neurones. Notre personnage vivra un certain nombre de péripéties (dont échapper à l'attaque d'un calamar géant qui veut se venger des expériences faites sur ses congénères -les calamars ont l'avantage d'avoir des axones d'un millimètre de diamètre-) pour parvenir à sortir de là, tout en bénéficiant d'explications des plus grands noms de l'histoire des neurosciences sur le fonctionnement de l'échange entre neurones, explications qu'il n'écoutera qu'à moitié parce que c'est d'autre chose et surtout avec quelqu'un d'autre qu'il veut  bavarder, donc là sa préoccupation c'est de sortir.

 Les explications scientifiques sont bien intégrées dans la narration, même s'il faut parfois se concentrer pour bien comprendre ce qui est dit sur la structure du neurone, la plasticité cérébrale, la façon dont ils communiquent entre eux (l'axone, le truc qui est particulièrement épais chez les calamars évoqués tout à l'heure, est comme un pont que traverse l'information pour aller d'un neurone à un autre)... ce qui éclaire, par exemple, le fonctionnement de la drogue ou des antidépresseurs. C'est une partie du programme de 1ère année, donc l'étudiant·e en psychologie qui le lit n'apprendra pas grand chose, mais ça reste une façon plus sympa pour revenir sur certains points que se replonger dans ses cours (en tout cas, les miens manquaient furieusement de chiens qui parlent, et les neurotransmetteurs ne portaient même pas de costume d'aventurier!). En plus, l'illustrateur ne sait pas dessiner que des portraits de chercheurs célèbres, des arbres qui avalent les gens ou des limaces qui jouent du banjo, puisqu'il est aussi docteur en neurosciences (tiens, en Angleterre aussi ça a l'air dur de trouver un poste dans la recherche... c'est un peu comme jouer au loto, sauf que pour jouer au lieu d'acheter un ticket il faut passer un doctorat).

 Le·a lecteur·ice passe un moment agréable et, au pire, n'aura pas perdu beaucoup de temps, la bande-dessinée se lit en 20-30 minutes.

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