samedi 26 avril 2014

L'observation clinique et l'étude de cas, de Jean-Louis Pedinielli et Lydia Fernandez



 Dans ce livre, des précisions parfois très techniques seront apportées sur les nombreux éléments en jeu dans l'observation clinique et dans l'étude de cas, avec une attention particulière portée sur la différence entre objet et sujet. En effet, même lorsque les outils des clinicien·ne·s ne comportent ni tests ni sémiologie, iels appliqueny une méthodologie aux patient··s pour atteindre un objectif. A l'inverse, les tests ou la sémiologie, s'ils sont intégrés à d'autres éléments, ne réduisent plus le·a patient·e à une score sur une échelle, ou à une liste de symptômes : même un diagnostic fait avec l'utilisation la plus caricaturale du DSM ("voyons voir, j'ai pu cocher 5 cases sur 7, il en fallait au moins 4, donc vous êtes xxx") peut impliquer d'intégrer ce diagnostic dans une compréhension bien plus générale des patient·e·s (sens du diagnostic ou des symptômes pour la personne, éventuels bénéfices secondaires, inscription dans son histoire, impact sur sa vie, ...). La part de l'objectif et du subjectif ne va donc jamais de soi.

Observation clinique et étude de cas sont successivement décrites et problématisées, de la façon de les effectuer à leur restitution. Les notions présentées le sont souvent sous forme de liste, ce qui est bien pratique pour faire des fiches, et le contenu des chapitres est très détaillé, ce qui est beaucoup moins pratique pour les résumer. Des concepts parfois très voisins (comme histoire des patient·e·s -dans le cadre de l'entretien clinique, pas d'une fiche wikipédia- et anamnèse) sont souvent définis avec précision pour permettre de les distinguer. Si le livre est extrêmement technique, il invite aussi régulièrement le·a clinicien·ne à ne pas se cacher derrière la technique, d'autant qu'il est impossible de s'effacer complètement derrière elle : dans le choix des informations relevées, de la façon de les relever et la façon de les traiter, bien sûr dans le contre-transfert, dans la façon de rédiger une éventuelle étude de cas (qui est comparée à un roman qui aurait pour contrainte de décrire la réalité, dans lequel le·a narrateur·ice est forcément un personnage et qui est adressé, dès sa rédaction, à un public particulier -chercheur·se·s, confrère·soeur·s, ...- ), sa personne a une influence.

La taille de ce tout petit livre est trompeuse : il est très compact, et fournit des informations nombreuses et parfois complexes... d'où le résumé très court, détailler le contenu reviendrait en fait probablement à rédiger un texte plus long que le livre, qu'on peut voir soit comme un dictionnaire de poche de l'observation clinique et de l'étude de cas, soit comme un chapitre particulièrement dense d'un livre de cours.

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